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L'AIEA ouvre un centre pour lutter contre l'acidification des océans

 
L'AIEA va ouvrir un centre pour lutter contre l'acidification des océans

13/08/2012

L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a annoncé lundi  18 juin l'ouverture cet l'été, en principauté de Monaco, d'un nouveau centre pour répondre aux problèmes engendrés par l'acidification des océans. "Au cours des cinq dernières années, de nombreux projets de recherche nationaux et internationaux sur l'acidification des océans ont vu le jour et des avancées significatives ont été réalisées", a indiqué félicité Daud ben Mohamad, directeur général adjoint de l'agence chargé du département Sciences nucléaires. "Il est temps maintenant de mettre en place une coordination internationale pour tirer profit des efforts et des investissements de recherche au niveau national", a-t-il ajouté, cité dans un communiqué.

Le Centre de coordination internationale sur l'acidification des océans sera géré par les Laboratoires de l'environnement de l'AIEA situés en Principauté de Monaco. Il sera soutenu par plusieurs pays membres de l'AIEA et sera supervisé par de nombreuses institutions internationales, comme la Commission océanographique intergouvernementale des Nations Unies, ou l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculure (FAO).

En raison des rejets croissants de dioxyde de carbone (CO2) dans l'atmosphère, l'acidité des océans a considérablement cru ces dernières années. Selon les experts, cette acidification pourrait rendre inhospitalier aux récifs de corail la plupart des océans d'ici à 2050, si les niveaux de CO2 présents dans l'atmosphère continuent d'augmenter.

Un tel processus environnemental pourrait avoir des conséquences importantes sur les réserves de poissons faisant l'objet d'une exploitation commerciale, "menaçant la sécurité alimentaire de plusieurs millions de personnes", a précisé l'AIEA.

Le centre aura pour but d'aider et de promouvoir les recherches des scientifiques, qui se penchent sur la question et tentent de trouver des solutions.

Les différents phénomènes cycliques

- Tous les 20 à 30 ans les côtes du Japon seraient envahies par les méduses. Elles seraient dirigées par des courants chauds depuis les côtes de Chine où les rejets des activités humaines leur procureraient le nutriment nécessaire à leur développement. Depuis 2002 elles causent de gros soucisaux pêcheurs japonais (elles y ont aussi bloqué un réacteur nucléaire)

http://easydoor.over-blog.com/article-pollution-animal-me-duse-d-echizen-40358908-comments.html#anchorComment

un phénomène identique pourrait se produire en mer de CaraÎbes où les physalies (cousines des méduses) prennent naissance et sont poussées par les courants tourbillonnaires du gulf stream vers les côtes de l'Atlantique en France. Cela a commencé en 2003, en 2011 elles continuent de poser des soucis aux baigneurs de Gironde (plage fermée à Lacanau, le Porge début août puis le Grand Crohot le 12 août)

Extinction des dinosaures: une petite corne pourrait trancher le débat

Mais qu'est ce qui a bien pu faire disparaître les dinosaures voici 65 millions d'années ? Une petite corne fossilisée, découverte là où elle n'était pas censée être, pourrait trancher dans le débat qui déchire depuis 30 ans les partisans de théories concurrentes.

Selon une étude publiée mardi dans la revue Biology Letters de la Royal Society britannique, la présence de cette corne de dinosaure dans une couche de sédiments des collines du Montana (USA) plaide en faveur d'un brusque changement climatique provoqué par la chute d'un astéroïde sur Terre.

Durant très longtemps, la disparition des dinosaures est tout simplement restée un mystère, donnant lieu à des spéculations parfois loufoques (mammifères ayant dévoré tous les oeufs de dinosaures, allergie généralisée au pollen, etc.).

Les spécialistes se bornaient à constater que leurs fossiles abondent durant l'ère mésozoïque (-248 à -65 millions d'années) mais qu'on n'en trouve plus trace dans les roches plus récentes.

Jusqu'à ce qu'en 1980, un groupe de scientifiques de l'Université de Californie à Berkeley (USA), emmenés par Luis Alvarez et son fils Walter, découvrent un fait troublant: une couche argileuse datant de 65 millions d'années contient un fort taux d'iridium, métal très rare quasiment absent de la surface de la Terre... mais pas des météorites!

Pour les chercheurs, c'est le signe d'un impact de la collision avec la Terre d'un gros objet venu de l'espace, qui aurait provoqué une catastrophe écologique rayant brusquement de la planète les dinosaures et de nombreuses autres espèces animales et végétales.

Très controversée au début, cette théorie de l'extinction du Crétacé-Tertiaire ("KT") a par la suite été alimentée par de nombreuses études.

En mars 2010, 41 chercheurs accusent un astéroïde de 15 km de diamètre qui s'est abattu sur Chicxulub, dans la province mexicaine du Yucatan, frappant la Terre avec une puissance phénoménale.

Un choc si violent qu'il aurait provoqué des incendies à grande échelle et soulevé des nuages de poussières masquant le soleil, provoquant un refroidissement fatal à de nombreuses espèces.

Mais cela n'a pas suffi à convaincre les tenants de la principale théorie adverse.

S'ils ne nient pas la chute de cet astéroïde à l'époque du KT, ils estiment que cette extinction massive est liée à des phénomènes volcaniques beaucoup plus anciens, ayant pour origine l'Inde actuelle. Après 1,5 million d'années, ces éruptions auraient abouti au même résultat que l'astéroïde: lent refroidissement et dépôts d'iridium ou d'autres minéraux rares.

Selon certains d'entre eux, la population de dinosaures aurait d'ailleurs déjà disparu avant la chute de cet astéroïde sur le Yucatan. La preuve? L'existence d'une couche de trois mètres dans les sédiments géologiques situés sous ceux du KT, et donc antérieurs à cette période, où aucun fossile de dinosaure n'a jamais été découvert...

Jusqu'à ce qu'une équipe dirigée par Tyler Lyson, de l'Université de Yale, ne trouve la corne frontale d'un ceratops, à 13 cm sous la limite géologique marquant le début de l'épisode KT.

"La localisation de ce dinosaure démontre qu'il n'existe pas de +vide de trois mètres+ au Crétacé et est incompatible avec l'hypothèse selon laquelle les dinosaures (...) étaient éteints avant l'impact" de l'astéroïde, conclut l'étude du Pr Lyson.

La polémique n'est toutefois pas définitivement enterrée.

Les géologues ayant découvert cette corne admettent en effet ne pas pouvoir expliquer l'absence totale de fossiles dans une couche de sédiments de 125 cm déposée immédiatement après la chute de l'astéroïde.

source : orangeactu

Une vaste opération de forage sous-marin pourrait améliorer la compréhension de l’histoire naturelle de la région au cours des 500 000 dernières année

02.02.2011 | Isabel Kershner | The New York Times

  Certains droits réservés par Borya

A 8 kilomètres du rivage, une équipe internationale de scientifiques fore sous la mer Morte pour recueillir des données sur les changements climatiques et les séismes survenus au cours des 500 000 dernières années. Les premières découvertes de ce projet, qui doit s’étendre sur quarante jours, dépassent toutes les espérances : les scientifiques ne s’attendaient pas à extraire un débris de bois vieux de 400 000 ans, ni à mettre au jour une couche de graviers de seulement 50 000 à 100 000 ans. Cette dernière découverte tend à prouver que le centre de la mer Morte – qui est en réalité un grand lac salé – était autrefois un rivage et que le niveau de l’eau s’est élevé naturellement.

“Nous savions que le niveau du lac avait beaucoup varié”, remarque le Pr Zvi Ben-Avraham, un expert de premier plan de la mer Morte, “mais pas qu’il était descendu si bas.” Membre de l’Académie israélienne des sciences et lettres et directeur du centre de recherche sur la mer Morte Minerva de l’université de Tel-Aviv, le Pr Ben Avraham s’est battu pendant dix ans pour faire aboutir ce projet. Son idée était de creuser sous la mer pour extraire une carotte géologique qui, une fois analysée, pourrait fournir des informations d’utilité mondiale sur les processus naturels et les changements environnementaux.

La mer Morte occupe le plus grand bassin du monde. Les scientifiques ont choisi d’effectuer les forages dans la zone centrale, car ils pensent que les sédiments qui s’y sont accumulés sont toujours restés sous l’eau et que, n’ayant jamais été exposés à l’air, ils sont donc mieux préservés.

Plus d'information sur Dead Sea Deep Drilling ProjectLa composition spéciale de l’eau de la mer Morte présente en outre des possibilités uniques pour la recherche. Les substances minérales qu’elle renferme permettent de faire des datations beaucoup plus reculées dans le temps que la méthode utilisant le radiocarbone et elles offrent ainsi aux scientifiques des indications inédites sur l’histoire des forces naturelles de la région. Le Programme international de forage scientifique continental (ICDP), qui est installé en Allemagne et représente la seule organisation au monde capable de superviser une telle opération, a fini par accepter de financer ce projet de 2,5 millions de dollars [1,8 million d’euros] en collaboration avec l’Académie israélienne des sciences et lettres.

L’opération, dirigée par des Israéliens, fait appel à 40 scientifiques originaires d’Israël, d’Allemagne, de Suisse, de Norvège, du Japon et des Etats-Unis. Le Pr Ben-Avraham et son chef de projet, Michael Lazar, qui enseigne la géophysique marine à l’université de Haïfa, soulignent qu’ils collaborent avec des scientifiques jordaniens et palestiniens, car la mer Morte est bordée par Israël, mais aussi par la Jordanie et la Cisjordanie. Avec son dénivelé de 425 mètres au-dessous du niveau de la mer et sa profondeur de 380 mètres, la mer Morte offre un environnement unique pour la recherche et pourrait contribuer à améliorer la compréhension de l’évolution culturelle de l’homme.

Le premier puits, achevé en décembre 2010, atteint 450 mètres de profondeur. Avant d’entamer le second, les scientifiques enregistreront les données et enverront des tubes emplis de fragments de sédiments à l’université de Brême, en Allemagne, pour les y faire analyser. Uli Harms, le secrétaire exécutif du Programme international de forage, pense que le forage a percé le sédiment de quatre âges glaciaires. “C’est mon hypothèse”, précise-t-il en ajoutant qu’elle sera vérifiée en laboratoire. “Nous sommes en train de faire l’Histoire”, s’enorgueillit le responsable des opérations maritimes, Gideon Amit, de l’Institut national d’océanographie (NIO). Selon Michael Lazar, l’alternance de couches de sel et de boue qui a été mise en évidence témoigne d’une succession de périodes sèches et humides. Il conserve précieusement un débris de bois qui a été découvert dans de la boue et qui provient sans doute d’un arbre charrié par les flots lors d’une inondation.

La présence de gravier similaire à celui que l’on trouve aujourd’hui sur les côtes de la péninsule du Sinaï donne à penser que les eaux de la mer Morte étaient jadis beaucoup plus basses qu’on ne le croyait jusqu’ici. Cette découverte donne aux scientifiques des raisons d’espérer que la baisse actuelle des eaux, due à l’activité humaine, ne soit que passagère, puisque le lac a connu dans le passé des niveaux encore plus bas que celui d’aujourd’hui.

MER MORTE Le projet de forage

Prévu sur quarante jours, le projet de forage sous la mer Morte est un défi logistique. Les scientifiques travaillent sur une plate-forme par tranches de douze heures. Ils y sont déposés à l’aube ou au coucher du soleil par l’unique bateau qui fait la navette et qui, en raison de la forte concentration de sel dans l’eau, exige un entretien constant.
Récemment, les scientifiques ont annoncé qu’ils avaient enregistré une température de 104 °C à 395 mètres de profondeur. Ce chiffre                         

beaucoup plus élevé que prévu leur a ouvert des perspectives. Il devenait possible d’envisager la présence d’une activité volcanique sur le site supposé de Sodome et Gomorrhe, les villes de la Bible décrites dans la Genèse comme ayant été détruites par le soufre et le feu à cause de leurs péchés. Mais cette thèse a été infirmée par un relevé ultérieur qui a fait apparaître une température inférieure plus proche du niveau anticipé.

Source : http://www.courrierinternational.com/article/2011/02/02/la-mer-morte-revele-ses-secrets 

Communiqué de presse du BRGM du 9 décembre 2010 sur les découvertes majeures pendant la campagne FUTUNA

Futuna 2010 : des découvertes majeures sur un immense domaine volcanique et la biodiversité associée

En moins de deux mois, l’équipe scientifique et technique ayant mené la campagne Futuna 2010 a découvert une nouvelle dorsale active et un volcan majeur actif, le « kulolasi ». Ce dernier comporte le premier site hydrothermal profond et de haute température connu dans la zone économique exclusive française.

Réalisée dans le cadre d’un partenariat inédit, regroupant le Ministère de l’Ecologie, du Développement durable, des Transports et du Logement en lien avec le territoire de Wallis et Futuna, des établissements Publics (Ifremer, Agence des aires marines protégées, BRGM), et des entreprises industrielles intéressées aux projets miniers en mer profonde (Areva, Eramet, Technip) ; la campagne FUTUNA 2010 s’est déroulée du 3 août au 23 septembre 20101 au large des îles de Wallis et Futuna.

Les travaux menés à bord du navire océanographique de l’Ifremer, l’Atalante, ont permis d’acquérir de nouvelles données sur une zone quasi-vierge du point de vue de la connaissance des fonds. L’ensemble des échantillons récoltés (fluides, roches, organismes vivants) impliquera un important travail d’analyses menées à terre dans le cadre de coopérations entre les organismes scientifiques impliqués dans la campagne.

Les moyens techniques français : clef du succès de la campagne
La stratégie et les moyens techniques mis en oeuvre au cours de la campagne Futuna ont permis de réaliser des objectifs ambitieux tant du point de vue de l'échelle des travaux que des objectifs scientifiques pluridisciplinaires.

À bord du navire océanographique L'Atalante, équipé du sous-marin Nautile et de l'AUV1 AsterX, l'équipe scientifique et technique a pu réaliser en moins de 2 mois une quantité impressionnante de travaux d'acquisition de données. Cela représente l'équivalent de ce qui est classiquement réalisé en plusieurs campagnes étalées sur plusieurs années. Peu de pays sont à même de mener ce type d'opération dans un temps aussi court. Les travaux réalisés démontrent ainsi que la France se situe au premier plan mondial pour l'exploration des grands fonds océaniques à toutes les échelles d'investigation.

Au cours de la première partie de la campagne, les nouvelles capacités de cartographie et d'imagerie de l'EM122 (nouveau sondeur multifaisceaux de L'Atalante) ont permis de produire des cartes d'une résolution remarquable, 25 m pour la bathymétrie et 10 m pour l'imagerie. Ces données détaillées ont été au centre de la stratégie d'exploration.
Les chimistes ont pu localiser des panaches hydrothermaux à partir des concentrations anormales de certains éléments chimiques d'origine hydrothermale dans la colonne d'eau. En parallèle, des travaux menés sur les signaux acoustiques dans la colonne d'eau ont permis de cibler certaines zones de plongées. Enfin, les résultats obtenus doivent beaucoup à la capacité de réaliser, à bord, des analyses chimiques et minérales de fluides et de solides.

Au cours de la deuxième partie de la campagne, le couplage Nautile/AsterX s'est révélé particulièrement performant pour conduire les stratégies de plongées d'exploration.
Les cartes bathymétriques dressées par l'AUV AsterX équipé du SMF (sondeur multifaisceaux) du CNRS-INSU sont impressionnantes par leur résolution (maille de 1x1m) et donnent enfin aux scientifiques des documents dont la résolution correspond à l'échelle réelle d'observation du fond à partir du Nautile.
Des cartes de magnétisme près du fond ont également été réalisées grâce au magnétomètre IPGP installé sur Nautile et au magnétomètre CNRS-INSU fixé sur l'AUV.

Des résultats prometteurs
La zone sud de Futuna est un immense domaine volcanique méconnu et situé dans la ZEE française. La campagne Futuna 2010 élargit considérablement le domaine de volcanisme récent partiellement cartographié en 2000 au cours de la campagne Alaufi, également réalisée à bord de L'Atalante, mais qui était équipé à l'époque d'un sondeur bien moins performant.
En comptant les zones de transit, les surfaces cartographiées représentent plus de 35 000 km2 soit près de 2 fois la surface de la Bretagne.

Sur les zones cartographiées, 57% des surfaces sont couvertes par des formations volcaniques récentes. Ces domaines volcaniques sont autant de zones potentielles d'existence de sources hydrothermales actives ou inactives auxquelles s'associent des minéralisations sulfurées et des communautés biologiques spécifiques.

Ce potentiel se trouve renforcé par l'existence de laves variées, basaltes et rhyolites, qui constituent des environnements privilégiés pour l'activité hydrothermale.
Les domaines volcaniques sont contrastés et complexes : dorsales, volcans hors axe, volcans avec calderas sommitales. Une caldera est une vaste dépression, circulaire, à fond plat et limitée par une falaise verticale et circulaire. Cette dépression résulte de l'effondrement de la partie sommitale d'un volcan suite au vidage de la chambre magmatique.

Du point de vue volcanique, deux découvertes majeures sont à souligner : une nouvelle dorsale active et un très large volcan actif2, le « Kulolasi » de 20 km de diamètre. Ce dernier comporte le premier site hydrothermal profond et de haute température connu dans la ZEE française.
L'ensemble des données acquises et des échantillons récoltés (fluides, roches, organismes vivants) impliquera un important travail d'analyses menées à terre dans le cadre de coopérations entre les organismes scientifiques impliqués dans la campagne : Ifremer, BRGM, CNRS, IPGP, UBO-IUEM, CEA.

Étude de la biodiversité
Dès cette première phase d'exploration, des travaux ont été menés sur ces zones vierges. Ils ont permis d'étudier la biodiversité sur les sources hydrothermales et les fonds volcaniques plus anciens ainsi que les oasis de vie sur les points hauts des volcans inactifs. Ainsi, sur plusieurs sites hydrothermaux de basse température, des communautés biologiques variées ont été observées.
Lors de la première partie de la campagne, un travail d'inventaire de la biodiversité de surface a également été mené, avec notamment l'observation des oiseaux et des mammifères marins.

Une équipe pluridisciplinaire
La campagne regroupait à la fois des géologues, géophysiciens, volcanologues, chimistes des fluides et des biologistes (fond et surface, avec notamment des observateurs des mammifères marins), microbiologistes ainsi que des spécialistes de la colonne d'eau.
Les travaux ont mobilisé une importante équipe technique de Genavir pour la mise en oeuvre de cette large panoplie d'outils et d'engins à la mer. L'équipe scientifique était également accompagnée d'une équipe complémentaire de techniciens experts en cartographie et en imagerie acoustique du fond, qui a permis de produire en un temps très court les cartes et les images acoustiques du fond. Cet appui technique efficace s'est avéré essentiel pour définir les stratégies d'exploration durant la première partie de la campagne et les stratégies de plongées au cours de la deuxième partie.

1 Autonomous Underwater Vehicle
2 Ce volcan a été nommé « Kulolasi » équivalent du mot caldera (grand chaudron) en Futunien.


Lire la suite voir les images : http://www.brgm.fr/dcenewsFile?ID=1336

Nos océans seraient d'origine extraterrestre !

Contrairement aux idées reçues, l'atmosphère et les océans n'ont pu se former à partir des vapeurs émises lors d'un volcanisme intense à l'aube de notre planète. Pour Francis Albarède du Laboratoire des sciences de la Terre (CNRS / ENS Lyon / Université Claude Bernard), l'eau ne fait pas partie de l'inventaire initial de la Terre mais provient de l'agitation entretenue dans le Système Solaire externe par les planètes géantes.

Des astéroïdes couverts de glace sont ainsi parvenus sur Terre une centaine de millions d'années après la naissance des planètes. L'eau serait donc extraterrestre, tardive, et sa présence aurait facilité la tectonique des plaques avant même l'apparition de la vie. Les conclusions de l'étude menée par Francis Albarède font l'objet d'un article publié le 29 octobre dans la revue Nature.

Les agences spatiales l'ont bien compris, qui parle de vie parle d'eau. Il y a 4,5 milliards d'années, la Terre a reçu en héritage suffisamment d'eau pour que des océans se forment et que la vie trouve les niches favorables dans les mers et sur les continents nés de la tectonique des plaques. En regard, la Lune et Mercure sont des déserts secs et mortellement froids, Mars s'est asséchée très vite et la surface de Venus est un enfer brûlant.

D'après nos livres, l'océan et l'atmosphère se sont formés à partir des gaz volcaniques et l'intérieur de la Terre est la source des éléments volatils. Or, les roches du manteau sont pauvres en eau (les géochimistes évaluent sa concentration à deux centièmes de pourcent). Il en est de même sur les planètes sœurs de la Terre (Vénus et Mars). Principale raison avancée par Francis Albarède, lors de la formation du Système Solaire, la température ne serait jamais descendue suffisamment bas entre le Soleil et l'orbite de Jupiter pour que les éléments volatils puissent se condenser avec le matériau planétaire. L'arrivée de l'eau sur Terre correspondrait donc à un épisode tardif de l'accrétion planétaire.

Il est admis que les planètes terrestres se forment en quelques millions d'années par agglomération d'astéroïdes (de taille kilométrique) puis de proto-planètes (de la taille de Mars). L'arrivée du dernier de ces gros objets correspond à l'impact lunaire 30 millions d'années après la formation du Système Solaire. Dans un premier temps, ce remue-ménage se fait entre objets planétaires localisés en deçà de la ligne de neige, c'est-à-dire entre le Soleil et la ceinture des astéroïdes. Cet espace balayé par les vents électromagnétiques du jeune Soleil est alors trop chaud pour que l'eau et les éléments volatils s'y condensent.

La livraison majeure des éléments volatils sur notre planète correspondrait à un phénomène qui s'est déroulé quelques dizaines de millions d'années après l'impact lunaire : il s'agit du grand nettoyage du Système Solaire externe initiées par les planètes géantes. Du fait de leur très forte gravité, celles-ci envoient dans toutes les directions, y compris la nôtre, les derniers gravats planétaires couverts de glace. Pénétrant dans le manteau par la surface, l'eau aurait alors ramolli la Terre et réduit la tension à laquelle les matériaux se brisent. La tectonique des plaques débute alors, et avec elle, l'émergence des continents, conditions probablement nécessaires à l'apparition de la vie. Mars s'est asséchée avant que l'eau n'arrive à pénétrer en profondeur et, en ce qui concerne Vénus, personne ne sait quelles étaient les conditions avant le violent remodelage de sa surface, il y a 800 millions d'années, par un volcanisme intense.

À l'heure où l'on commence à explorer sérieusement l'habitabilité des planètes extra-terrestres, comprendre ce qui a fait de la Terre le seul havre qui abrite la vie est une question primordiale.

SOURCE : http://www.notre-planete.info/actualites/actu_2157_oceans_extraterrestre.php

les extrêmophiles se développent en conditions extrêmes inimaginables : 98°C sous mer à des pressions de 520 bars

Les limites de la vie sur Terre une nouvelle fois repoussées... dans l'eau !

Communiqué de presse

[28-04-2009]

Une nouvelle espèce d'archaébactérie , Pyrococcus CH1, vivant dans un milieu allant de 85 à 105°C et capable de se diviser jusqu'à une pression hydrostatique de 1200 bars (soit plus de 1000 fois supérieure à la pression atmosphérique), vient d'être découverte par les microbiologistes du Laboratoire de microbiologie des environnements extrêmes (UMR sous la tutelle du CNRS, de l'Ifremer et de l'Université de Bretagne Occidentale), en partenariat avec l'Institut d'Océanographie de Xiamen (Chine) et le Laboratoire des sciences de la Terre (UMR sous la tutelle du CNRS, de l'ENS Lyon et de l'Université de Lyon). Cette archaébactérie a été isolée à partir d'échantillons de la campagne Serpentine , au cours de laquelle une équipe franco-russe a exploré pendant six semaines la dorsale médio-Atlantique à la découverte de nouvelles sources hydrothermales.

Cheminée hydrothermale sur le site Ashadze
Cheminée hydrothermale sur le site Ashadze
© ©Ifremer/Campagne Serpentine/ Victor 6000

Les recherches menées sur les extrêmophiles, ces espèces qui ont la particularité de vivre dans des conditions extrêmes et mortelles pour la plupart des autres organismes, constituent autant de « mondes à découvrir », tous très prometteurs. En terme de biodiversité d'abord, ces formes de vie, a priori « inimaginables », montrent que l'inventaire de toutes les espèces vivant sur Terre n'est pas prêt d'être fini. Les micro-organismes extrêmophiles sont également une illustration des capacités étonnantes d'adaptation du vivant, ce qui renforce l'hypothèse de l'existence de formes de vie sur des planètes dont on pensait que les conditions environnementales ne le permettaient pas.

Les microorganismes piézophiles, également appelés barophiles (aimant la pression), constituent un des sous-ensembles des extrêmophiles. Découverte sur le site « Ashadze » situé à 4100 mètres de profondeur, la souche CH1 est le premier organisme hyperthermophile et piézophile obligatoire connu. Cette archaébacterie (voir encadré) vit entre 85 et 105°C, avec un optimum à 98°C. Mais, surtout, elle se divise entre 150 et 1200 bars de pression hydrostatique, 520 bars étant sa pression optimum.

Cette découverte repousse une nouvelle fois les limites physico-chimiques de la vie sur Terre et conforte l'idée de l'existence d'une biosphère hyper-thermophile dans les profondeurs de notre planète. L'étude de la biomasse souterraine (les micro-organismes découverts dans les sédiments des plaques océaniques au fond de la mer) semble très prometteuse : les sources hydrothermales océaniques profondes offrent en effet aux microorganismes des conditions extrêmes de température, de pression et de composition de fluides.

Du fait des conditions extrêmes de développement, il s'avère que leurs enzymes sont thermostables et aptes à fonctionner dans des réacteurs sous pression. Il est donc tentant de les utiliser dans des procédés industriels, où certaines étapes requièrent des températures et des pressions élevées, notamment pour l'obtention de produits à forte valeur ajoutée, issus aujourd'hui de la chimie fine.

Les archaébacteries constituent un des domaines du vivant (voir encadré note 2). Dirigée par Yves Fouquet, Responsable du programme pluridisciplinaire d'étude des milieux extrêmes dans les grands fonds océaniques (programme GEODE) et du laboratoire de Géochimie et Métallogénie d'Ifremer Brest, la campagne Serpentine a rassemblé géologues, géochimistes, biologistes et microbiologistes durant six semaines sur la dorsale Atlantique.

Note(s)

    « Achadze », le site hydrothermal le plus profond actuellement connu dans les océans (4100 mètres), a été exploré et échantillonné pour la première fois grâce au ROV Victor 6000, robot téléopéré depuis le Pourquoi pas ?, le navire océanographique de l'Ifremer, lors de la campagne Serpentine.

 

Note(s)
    Les 3 domaines du vivant Il est admis actuellement que les êtres vivants peuvent être classés en 3 domaines : 1. Les eubactéries constituent le premier domaine du vivant. Ce sont des procaryotes (absence de noyau) qui possèdent des propriétés communes, distinctes des archées, pour leurs membranes et leurs génomes. Certaines bactéries sont pathogènes. 2. Les archaébactéries constituent le second domaine du vivant. Ce sont aussi des procaryotes possédant des membranes cellulaires plus résistantes et des génomes apparentés. Ainsi le mécanisme de réplication de l'ADN des archées est-il plus proche de celui des eucaryotes que de celui des bactéries. Aucune archée n'a pour l'instant manifesté de pathogénicité pour l'Homme. 3. Les eucaryotes constituent un groupe d'organismes unicellulaires ou pluricellulaires définis par leur structure cellulaire plus « évoluée » que celle des procaryotes (les archéobactéries et les eubactéries). Les eucaryotes possèdent en particulier des organites divisant l'espace cellulaire en zone dont la fonction est définie, tel que le noyau. Les plantes, les animaux et l'homme sont tous des eucaryotes.
Source
L'article scientifique relatant cette découverte est publié dans la revue « The ISME Journal » (numéro de mai). Il est en ligne à l'adresse suivante :
http://www.nature.com/ismej/journal/vaop/ncurrent/full/ismej200921a.html

 

Contact(s)
Daniel Prieur, Laboratoire de microbiologie des environnements extrêmes (LM2E), daniel.prieur@univ-brest.fr

source : http://www.insu.cnrs.fr/a3011,limites-vie-terre-nouvelle-fois-repoussees-eau.html

 


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