Météorologie et climat

Prévisions mais pas seulement

Réduire le rayonnement solaire ferait baisser les précipitations terrestres

Réduire l’énergie solaire reçue par la Terre par ingénierie climatique n’empêcherait pas la distribution des précipitations d’être fortement perturbée

Jeudi, 21 Juin 2012

Lutter contre le changement climatique en réduisant le rayonnement solaire atteignant notre planète à l'aide de l'ingénierie climatique ne semble pas être une panacée. C’est ce qui ressort d’une étude menée par des chercheurs issus de quatre pays européens (Allemagne, France, Grande-Bretagne et Norvège). À partir d'un scénario climatique correspondant à une augmentation brutale de l’effet de serre, ils montrent en effet que de réduire la quantité de rayonnement solaire reçu par la Terre pour contrer cet effet de serre pourrait fortement réduire les précipitations à l'échelle du globe. Les variations régionales des précipitations pourraient aussi être substantielles car du même ordre de grandeur que celles attendues en l’absence d'ingénierie climatique.

L'objectif de l'ingénierie climatique est de contrecarrer le réchauffement climatique en manipulant le climat pour qu’il ressemble au climat pré-industriel, au climat actuel ou encore à un climat jugé optimal pour l’humanité et les écosystèmes dont elle dépend. Mais jusqu'à quel point peut-on contrôler le climat et à quoi ressemblerait-il s’il était ainsi manipulé ?

Pour tenter de répondre à de telles questions, une équipe de chercheurs européens(1) a choisi de s’intéresser aux techniques d’ingénierie climatique visant à contrer l’effet de serre en réduisant la quantité de rayonnement solaire reçu par la Terre.
Les chercheurs ont analysé la manière dont quatre modèles climatiques(2) répondaient à un scénario climatique hypothétique extrême, consistant en un quadruplement instantané de la concentration atmosphérique préindustrielle de CO2, selon que l’augmentation de la température moyenne globale induite par ce scénario était ou non compensée par une réduction du rayonnement solaire reçu par la planète (compensation obtenue en réduisant la constante solaire). Pour ce faire, ils ont comparé les réponses des modèles aux caractéristiques climatiques préindustrielles, en termes de moyennes globales et régionales de la température et des précipitations.

Si la température moyenne globale à la surface de la Terre reste presque inchangée par rapport à la période préindustrielle, lorsque l'effet de serre dû au quadruplement du CO2 est compensé par une réduction de la quantité de rayonnement solaire reçu par la planète, on observe néanmoins un refroidissement au niveau des tropiques et un réchauffement au niveau des hautes latitudes. Ces changements régionaux de température sont toutefois beaucoup plus faibles que ceux obtenus avec un quadruplement du CO2 seul, ce scénario conduisant à un très fort réchauffement général.

 


Différences de température (en °C) par rapport aux températures préindustrielles suite à un quadruplement instantané de la concentration atmosphérique de CO2, celui-ci étant compensé (à gauche) par une diminution de la constante solaire et non compensé (à droite). Seules les régions où les 4 modèles climatiques utilisés simulent un changement de même signe ont été coloriés, la valeur indiquée étant une moyenne des valeurs obtenues par chacun des modèles. © Creative Common License

En revanche, lorsque l'effet de serre dû au quadruplement du CO2 est compensé par une réduction de la quantité de rayonnement solaire reçu par la planète, le cycle hydrologique à l'échelle globale est fortement ralenti par rapport à la période préindustrielle : les précipitations à l’échelle globale diminuent, avec davantage de régions où il pleut moins et quelques-unes où il pleut plus, ces variations régionales des précipitations étant du même ordre de grandeur que celles observées en présence du quadruplement du CO2 seul mais de signe opposé. Notamment, les précipitations diminueraient de manière significative (15-20%) en Europe et en Amérique du Nord.

 
 
Différences de température (en °C) par rapport aux températures préindustrielles suite à un quadruplement instantané de la concentration atmosphérique de CO2, celui-ci étant compensé (à gauche) par une diminution de la constante solaire et non compensé (à droite). Seules les régions où les 4 modèles climatiques utilisés simulent un changement de même signe ont été coloriés, la valeur indiquée étant une moyenne des valeurs obtenues par chacun des modèles. © Creative Common License
 

À la lumière de ces résultats, il ne semble donc pas possible d'affirmer que l'ingénierie climatique assurerait à tous les pays un climat meilleur ou au moins aussi favorable que le climat présent. Elle ne peut donc pas être considérée comme un substitut possible à une action politique volontaire pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

 
 
 
Note(s): 
  1. Ces chercheurs sont affiliés aux laboratoires suivants : en Allemagne, le Max Planck Institute for Meteorology, le Max Planck Institute for Chemistry et le Institute for Advanced Sustainability Studies ; en France, le Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (LSCE-IPSL) et le Laboratoire de météorologie dynamique (LMD-IPSL) ; en Norvège, l’Université d’Oslo, le Norwegian Meteorological Institute et le laboratoire Cicero ; en Grande-Bretagne, le Met Office Hadley Centre.
  2. MPI-ESM, NorESM, HadGEM2-ES et IPSL-CM5A
Source(s): 

H. Schmidt, K. Alterskjær, D. Bou Karam, O. Boucher, A. Jones, J. E. Kristjánsson, U. Niemeier, M. Schulz, A. Aaheim, F. Benduhn, M. Lawrence, C. Timmreck. Solar irradiance reduction to counteract radiative forcing from a quadrupling of CO2: climate responses simulated by four earth system models. Earth System Dynamics, 2012; 3 (1): 63. DOI: 10.5194/esd-3-63-2012

Contact(s):

Les coordonnées ci-dessus peuvent avoir été mises à jour depuis la publication de cet article.

source : http://www.insu.cnrs.fr/environnement/climat-changement-climatique/reduire-l-energie-solaire-recue-par-la-terre-par-ingenier?utm_source=DNI&utm_medium=Newsletters

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article du monde

Entre 775-785 le taux de carbone 14 en hausse d'environ 7,2 % au Japon

Un mystérieux rayonnement cosmique gravé dans les cernes d'arbres

Publiant leurs travaux le 3 juin dans Nature, des chercheurs nippons ont découvert, dans les anneaux de croissance d’arbres centenaires, un taux de carbone 14 qui ne peut qu’avoir été consécutif à un rayonnement cosmique intense survenu en 774 ou en 775 après J.-C., et dont l’origine et la nature restent inconnues.

L’équipe de Fusa Miyake, de l'Université de Nagoya, au Japon, a analysé la composition isotopique de deux cèdres du Japon centenaires et trouvé, dans les anneaux de croissance correspondant aux années 774 et 775, un taux de carbone 14 supérieur d’environ 1,2 % à la normale, qui ne peut s’expliquer, selon eux, que par un mystérieux événement cosmique, ayant eu sur ces arbres un effet 20 fois supérieur à celui des pics normaux de l’activité solaire. Ces données confirment celles recueillies antérieurement sur des arbres d’Europe et d’Amérique du Nord, qui montraient une hausse du taux de carbone 14 d'environ 7,2 % entre l’an 775 et l’an 785 de notre ère.

"Pour avoir produit une telle quantité de carbone 14 dans l'atmosphère en 775, l'intensité des rayons cosmiques a dû considérablement augmenter. Seuls deux phénomènes connus pourraient changer l'intensité des rayons cosmiques en l'espace d'une seule année : l'explosion d'une supernova ou une tempête de protons. Dans l'état actuel de nos connaissances, nous ne pouvons préciser les causes de cet événement", concluent les chercheurs, qui précisent que, jusqu’à présent, aucune trace de tels phénomènes n'avait jamais été décelée sur Terre.

Source : http://www.maxisciences.com/rayonnement/un-mysterieux-rayonnement-cosmique-grave-dans-les-cernes-d-039-arbres_art24896.html

CarbonSat d'Astrium le satellite qui mesurera les gaz à effet de serre

Boursier.com) -- Astrium, Numéro 1 européen de l'industrie spatiale, va poursuivre, au cours des 22 prochains mois, la préparation de CarbonSat, un nouveau satellite de recherche climatique pour l'Agence spatiale européenne (ESA).

Au début du mois d'avril, l'ESA a en effet annoncé avoir confié à Astrium un contrat pour la conception du satellite CarbonSat. Emmenée par Astrium, une équipe internationale d'ingénieurs approfondira les différentes composantes du satellite CarbonSat, un satellite destiné à mesurer, avec une précision inégalée, la concentration et la répartition, à l'échelle planétaire, des deux principaux gaz à effet de serre - le dioxyde de carbone (CO2) et le méthane (CH4). Il fournira aux climatologues des données essentielles pour l'analyse du climat et permettra d'affiner les modèles informatiques de simulation climatique.

Le dioxyde de carbone et le méthane sont les deux premiers gaz à effet de serre responsables du changement climatique mondial. La compréhension exhaustive des sources et de la répartition de ces gaz est donc indispensable aux prévisions climatiques globales. CarbonSat fournira ses mesures avec une résolution inférieure à 2 x 2 km, permettant aux scientifiques, pour la première fois, de quantifier les sources ciblées de CO2, (centrales thermiques au charbon, missions provenant des grandes agglomérations...) ainsi que les sources géologiques (volcans...). Pour le méthane, la mission prévoit de quantifier les émissions issues de sources comme les sites d'enfouissement technique et les grands complexes de traitement pétrolier, mais aussi de fournir des données sur la question méconnue des émissions de méthane dans les océans du globe.

CarbonSat livrera les premiers rapports complets sur les petites sources d'émission à travers le monde, permettant ainsi de bien mieux distinguer les émissions naturelles des émissions imputables à l'activité humaine.

CarbonSat est présélectionné pour être la 8ème mission 'Earth Explorer' du programme d'observation de la Terre de l'ESA. Il permettra de poursuivre le processus de pistage spatial des gaz à effet de serre entamé par le spectromètre Sciamachy du satellite Envisat, développé par Astrium

CarbonSat d'Astrium le satellite qui mesurera les gaz à effet de serre

Boursier.com) -- Astrium, Numéro 1 européen de l'industrie spatiale, va poursuivre, au cours des 22 prochains mois, la préparation de CarbonSat, un nouveau satellite de recherche climatique pour l'Agence spatiale européenne (ESA).

Au début du mois d'avril, l'ESA a en effet annoncé avoir confié à Astrium un contrat pour la conception du satellite CarbonSat. Emmenée par Astrium, une équipe internationale d'ingénieurs approfondira les différentes composantes du satellite CarbonSat, un satellite destiné à mesurer, avec une précision inégalée, la concentration et la répartition, à l'échelle planétaire, des deux principaux gaz à effet de serre - le dioxyde de carbone (CO2) et le méthane (CH4). Il fournira aux climatologues des données essentielles pour l'analyse du climat et permettra d'affiner les modèles informatiques de simulation climatique.

Le dioxyde de carbone et le méthane sont les deux premiers gaz à effet de serre responsables du changement climatique mondial. La compréhension exhaustive des sources et de la répartition de ces gaz est donc indispensable aux prévisions climatiques globales. CarbonSat fournira ses mesures avec une résolution inférieure à 2 x 2 km, permettant aux scientifiques, pour la première fois, de quantifier les sources ciblées de CO2, (centrales thermiques au charbon, missions provenant des grandes agglomérations...) ainsi que les sources géologiques (volcans...). Pour le méthane, la mission prévoit de quantifier les émissions issues de sources comme les sites d'enfouissement technique et les grands complexes de traitement pétrolier, mais aussi de fournir des données sur la question méconnue des émissions de méthane dans les océans du globe.

CarbonSat livrera les premiers rapports complets sur les petites sources d'émission à travers le monde, permettant ainsi de bien mieux distinguer les émissions naturelles des émissions imputables à l'activité humaine.

CarbonSat est présélectionné pour être la 8ème mission 'Earth Explorer' du programme d'observation de la Terre de l'ESA. Il permettra de poursuivre le processus de pistage spatial des gaz à effet de serre entamé par le spectromètre Sciamachy du satellite Envisat, développé par Astrium

Les tsunamis menacent-ils nos côtes ?

D'après un recensement effectué par le Bureau des recherches géologiques et minières (BRGM), pas moins de 34 tsunamis se sont produits le long des côtes métropolitaines depuis le XVIIIe siècle dont 22 en Méditerranée, 4 en Atlantique et 8 en Manche.

On en dénombre 28 en France d'outre-mer. C'est le recensement le plus complet à ce jour et il est dans le dernier numéro de la revue Natural Hazards and Earth System Sciences. Ce catalogue qui va continuer à s'étoffer au cours des prochaines années est d'ores et déjà disponible sur internet via ce site.

Le site où sont présentés les tsunamis est accompagné des documents ayant permis de repérer les grosses vagues qui ont léché nos côtes. Il s'agit le plus souvent d'articles de journaux ou de témoignages qui régaleront les amoureux d'histoire locale. C'est donc un outil pour attirer l'attention du public sur le risque de tsunamis qui peuvent toucher les côtes françaises.

Sa constitution a notamment permis aux chercheurs de découvrir des tsunamis inconnus le long des côtes méditerranéennes entre Marseille et Perpignan. Les premières recherches n'ont commencé sur le territoire français qu'après le tsunami de Sumatra en décembre 2004.

Le tsunami meurtrier du Japon, le 11 mars dernier, va les relancer encore.

Un projet de recherche baptisé Maremoti est en cours concernant cette problématique. L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a, en effet, décidé de réévaluer les risques d'inondations auxquelles pourraient être soumises les cinq centrales EDF situées sur les côtes: Blayais (Gironde), Flamanville (Manche), Paluel et Penly (Seine-Maritime), Gravelines (Nord).

Le terme «tsunami» n'a été adopté par les scientifiques européens qu'en 1960, après le séisme de magnitude 9,5 au Chili qui fit plus de 5000 victimes. A l'époque on ne parlait que "raz-de-marée», il a donc fallu faire le tri dans les archives entre tsunamis et faux tsunamis (tempêtes, ouragans...).

La France métropolitaine n'a pas de volcan actif, ni de grandes failles sismiques actives sous-marines suceptibles de générer des séisme de très forte magnitude et par là-même des tsunamis majeurs. Nos rivages sont en effet beaucoup plus exposés à des événements météorologiques extrêmes. Les côtes bretonnes n'ont même pas été touchées par le tsunami provoqué par le séisme de Lisbonne en 1755. Pourtant, le sud de l'Angleterre et l'Écosse ont enregistré une montée du niveau de la mer. Mais la réalité de ce risque est assez complexe. Ainsi, plusieurs (petites) vagues ont été enregistrées entre 1725 et 1850 dans le port de Cherbourg, dont l'origine reste encore inexpliquée.

À défaut de séismes, la France peut être exposée à des effondrements de falaises ou, pire, de fonds sous-marins comme celui de Storegga qui, il y a huit mille ans, a vu disparaître en mer près de 300 km de côtes norvégiennes. Il est donc fort probabble que nos côtes soient toujours exposées à ce type de phénomènes.

Mais la question sous-jacente nous ramène à une problématique récurrente en matière de gestion des risques naturels : doit-on et peut-on s'en prémunir alors ce phénomènes se produisent tous les cinq mille ans. Les recherches se poursuivent. Récemment, un chercheur de l'École normale supérieure a découvert un mystérieux tsunami qui, le 6 avril 1580, a submergé une partie des côtes de la Manche. Cet événement ne figure pas encore dans le catalogue.

Source : BRGM, Le Monde d'après http://www.catnat.net/gestion-des-risques/gestion-risque-france/connaissances-des-risques/12158-un-catalogue-des-tsunamis-historiques-en-france

A lire en complément

http://www.lepost.fr/article/2010/11/11/2301497_la-plage-du-soleil-sinistree-a-cannes.html

http://www.laterredufutur.com/html/phpBB3/viewtopic.php?f=52&t=570&p=13019#p13019

Le jour d’après c’était il y a plus de 10 000 ans !

De nouvelles analyses de carottes de glace du Groenland révèlent que la dernière transition climatique, il y a 11 700 ans, a été particulièrement brutale.

Ce n’est pas le scénario du Jour d’après, au lieu d’un brusque refroidissement c’est plutôt la fin d’une période glaciaire, mais les évènements semblent s’être déroulés aussi rapidement que dans le film catastrophe de Roland Emmerich.
 
C’est en tout cas ce que révèle l’analyse de carottes de glace provenant du forage de NorthGRIP (North Greenland ice core project) sur lesquelles sont gravés 125 000 ans d’histoire climatique. Pour chaque couche de glace annuelle, trois paramètres sont pris en compte : la quantité de poussières (plus il fait froid plus il y en a), l’oxygène (plus la quantité d’isotope O18 est élevée plus le climat local est chaud) et l’hydrogène (un excès de deutérium témoigne d’une température chaude de l’océan).

Les résultats, pour la période correspondant à la dernière transition climatique, révèlent que « l’excès en deutérium de la glace bascule d’un niveau glaciaire à un niveau interglaciaire quasiment d’une année à l’autre » explique Valérie Masson-Delmotte du Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement. En clair le basculement entre la dernière période glaciaire et la période chaude actuelle a eu lieu en l’espace d’une année !
 
Ce changement, brutal, a été précédé d’une diminution de la quantité de poussières, d’un facteur 10, en quelques décennies. La preuve que le premier signe de bascule du climat se trouve loin du Groenland, dans les déserts d’Asie, sources de ses poussières. Selon les chercheurs, ce sont des modifications radicales de la circulation atmosphérique qui sont responsables de cette transformation climatique. Ces nouvelles données vont permettre d’affiner les modélisations mathématiques utilisées pour prévoir l’évolution future du climat.
 
 
J.I.
Sciences et Avenir.com
24/06/2008

 

La découverte par des chercheurs géologues canadiens de concentrations élevées de CO2 aux dorsales océaniques confirme la nature explosive de certaine

La découverte par des chercheurs géologues canadiens de concentrations élevées de CO2 aux dorsales océaniques confirme la nature explosive de certaines éruptions volcaniques.

Entre 75 et 80 pour cent de l'activité volcanique terrestre a lieu sous la mer, aux dorsales océaniques. La plupart de ces volcans produisent des coulées de lave effusive plutôt que des éruptions explosives, à la fois en raison des niveaux de gaz magmatiques (qui alimentent les explosions et sont constitués d'une variété de composantes, y compris de la plus importante, le dioxyde de carbone) qui tendent à être peu élevés, et parce que l'eau qui submerge les volcans leur fait subir une forte pression.

Toutefois, au cours des quelque dix dernières années, en raison de la présence de cendre volcanique à certains endroits, des géologues ont émis l'hypothèse que les volcans sous-marins puissent produire des éruptions explosives. Ce qui n'avait néanmoins pas été prouvé à ce jour.

À l'aide d'une microsonde ionique, Christoph Helo, doctorant du Département des sciences de la terre et des planètes de l'Université McGill de Montréal, a découvert de très fortes concentrations de dioxyde de carbone dans des gouttelettes de magma emprisonnées dans des cristaux recouverts de dépôts de cendre volcanique émises par le volcan Axial, sur la dorsale Juan de Fuca, au large des côtes de l'Oregon.

Ces gouttelettes emprisonnées représentent l'état du magma, avant l'éruption. Ainsi, monsieur Helo et des collègues chercheurs de l'Université McGill, de l'Institut de recherche de l'aquarium de la baie de Monterey et de l'Institut océanographique de Woods Hole sont parvenus à prouver que les volcans sous-marins peuvent produire des éruptions explosives. Leurs travaux indiquent également que la libération de dioxyde de carbone dans l'atmosphère terrestre provenant du manteau inférieur est beaucoup plus importante qu'on ne l'avait d'abord cru, à tout le moins dans certaines parties des dorsales océaniques.

Étant donné que ces dorsales constituent le système volcanique terrestre le plus vaste, cette découverte a des retombées importantes sur le cycle mondial du carbone qui reste à étudier.

Source : Techno-sciences
 

GOCE, un satellite pour mesurer la gravité terrestre et mieux comprendre le climat

Le satellite européen GOCE a été lancé par l'ESA il y a moins de deux ans. Aujourd'hui il a fini de mesurer la gravité de la Terre et devrait rapidement fournir aux chercheurs des données indispensables pour étudier plus précisément l'évolution du climat ou les séismes.

"Le satellite a enregistré les mesures nécessaires pour nous permettre de dresser une carte en haute résolution du +géoïde+, bien plus précise que n'importe quelle autre" et qui sera mise à disposition du public "dans les semaines à venir", vient d'annoncer l'Agence spatiale européenne (ESA).

Grâce à la précision de cette carte - de l'ordre du dix mille milliardième - géophysiciens et climatologues pourront désormais observer beaucoup plus finement les variations dans le niveau des mers, la circulation des océans ou l'évolution des calottes glaciaires.

Car ce fameux "géoïde" évoqué par l'ESA n'est autre qu'une carte virtuelle représentant la surface de notre planète sur laquelle la gravité s'exercerait de façon uniforme, en l'absence de toute influence extérieure (marées, courants marins, vents, etc.).

Autrement dit une Terre irrégulière, une patate pleine de creux et de bosses, mais une patate servant de référentiel unique et permettant d'isoler les effets de l'attraction terrestre sur la plupart des phénomènes liés au réchauffement climatique.
 

La gravité terrestre varie en effet sensiblement d'une région à l'autre, principalement en raison de la rotation de la Terre. Cette dernière exerce une force centrifuge plus forte à l'équateur qu'aux pôles, ce qui donne au globe une forme légèrement aplatie. Un phénomène non négligeable puisqu'on évalue qu'un homme de poids moyen pèse 350 g de plus aux pôles qu'à l'équateur.

De la même manière, les variations dans le champ gravitationnel peuvent provoquer par endroits une dilatation des océans qui n'est pas liée au réchauffement climatique (fonte des glaciers, salinité, etc.). Une influence que l'altimétrie par radar, qui donne une image très détaillée de la surface des mers, n'est pas en mesure d'isoler.

L'attraction terrestre décroît avec l'altitude mais elle est en revanche plus élevée dans les régions composées de roches denses et lourdes. Les mouvements tectoniques, responsables des séismes, et ceux du magma, liés au volcanisme, jouent également sur la gravité.

Autant de facteurs qui rendent parfois difficile la mesure de certains phénomènes climatiques ou hydrologiques, au risque de brouiller certaines interprétations.

Plus concrètement, la précision des mesures du satellite permettra aussi d'établir un "niveau zéro" des mers unifié pour l'ensemble de la planète, ce qui n'est pas le cas actuellement, chaque pays ou zone géographique l'ayant calculé par le passé à partir de repères plus ou moins arbitraires et approximatifs.

Par exemple, le niveau actuel retenu pour l'océan Pacifique à un bout du canal de Panama est supérieur de 20 cm à celui de l'océan Atlantique à l'autre bout...

En France, ce "niveau zéro" de la mer a été déterminé par l'Institut géographique national (IGN) à partir de la moyenne des mesures effectuées en continu, de 1884 à 1897, par le marégraphe de Marseille.

Les données recueillies par GOCE aideront aussi à mesurer plus finement l'élévation de la Scandinavie (environ 1 cm par an) et du Canada (1 à 2 cm par an), qui s'étaient enfoncées lors de la dernière glaciation sous le poids de la calotte glaciaire.

Fort de ces résultats, l'ESA a décidé de prolonger la mission du satellite jusqu'à la fin 2012 afin d'obtenir des mesures encore plus précises.

Source : ESA

Ozone : mini-bombes nucléaires, mega-dégâts

Blog sciences Libération du 7 Avril 2008

Bombenevadajour

Tout conflit nucléaire, même régional, aurait des conséquences graves pour l'ensemble de la population mondiale. La démonstration est publiée aujourd'hui par la revue de l'Académie des sciences américaine (PNAS). Avec comme exemple les effets d'un échange de missiles nucléaires entre Inde et Pakistan sur la couche d'ozone stratosphérique.

L'équipe de scientifiques américains qui signe l'article est composée de spécialistes de l'atmosphère, de sa chimie plus particulièrement. Elle a étudié ce qui se passerait si l'Inde et le Pakistan échangeaient des missiles chargés d'ogives nucléaires pour un total équivalent à cent fois la bombe qui rasa Hiroshima.
Si cela vous semble beaucoup, sachez que les deux pays disposent d'une telle puissance. Quelle ne représente que... 0,1% du stock mondial de bombes nucléaires. Et que l'hypothèse d'un tel conflit fait partie des scénarios de wargame des généraux américains tant les deux pays ont du mal à gérer les suites de leur affrontement à propos du Cachemire lors de leur accession à l'indépendance.

Résultat de l'étude : le panache d'aérosols et de particules injecté jusque dans la stratosphère par les

explosions provoquerait une série de réactions chimiques conduisant à détruire l'ozone stratosphérique, celui qui protège tous les êtres vivants contre les rayons UV du Soleil, casseurs de molécules biologiques, dont l'ADN. Une destruction qui serait plus efficace et de plus longue durée... au dessus des pays tempérés et des hautes latitudes. Bref, n'espérez pas échapper aux conséquences d'un conflit nucléaire, quelle que soit sa localisation.

--Précision: (ajout après une série d'échanges dans les commentaires)
Le scénario étudié par les chercheurs est fondé sur les incendies urbains qui seraient déclenchés par un tel conflit. Selon leurs calculs, ils projeteraient 5 Tg de "suies noires" (Black carbon en anglais) dans la haute troposphère. Ce sont ces particules qui seraient à la base des processus photochimiques en cause dans la destruction de l'ozone. Comme les essais de bombes nucléaires ont été menées soit dans des déserts (sans même de végétation à bruler), soit directement dans l'air, soit en souterrain, ils n'ont pas pu déclencher de tels incendies et donc la suite du processus. Désolé de ne pas  avoir indiqué ces éléments dans le post initial.
Sylvestre Huet --

Ballisticmissile_inde_2 De manière plus détaillée, l'étude affirme qu'environ 20% de l'ozone atmosphérique serait détruit à l'échelle de la planète. Cette destruction atteindrait enre 25 et 45% aux moyennes latitudes. Et entre 50 et 70% aux hautes latitudes de l'hémisphère nord. Ces niveaux de destruction persisteraient durant cinq années environ. Et il faudrait attendre au moins dix ans pour que la couche d'ozone stratosphérique se reconstitue entièrement.

Ces résultats peuvent surprendre par leur ampleur pour un conflit mettant en jeu une aussi petite partie du stock mondial de bombes nucléaires. C'"est une meilleure compréhension de la chimie atmosphérique qui a conduit les spécialistes à réévaluer à la hausse, et très haut, les conséquences environnementales et sur la santé humaine d'un conflit nucléaire, même réduit.

En effet, au début des années 1980, les scientifiques américains et soviétiques qui avaient travaillé sur "l'hiver nucléaire" que provoquerait une guerre USA/URSS n'avaient pas trouvé un tel niveau de destruction. Mais les progrès réalisés depuis en chimie de l'atmosphère, en raison des craintes nées du "trou d'ozone" Lozone_en_2004 au dessus de l'Antarctique - provoqué par nos émissions de gaz type CFC - ainsi que pour simuler l'évolution du climat, ont fait douter de ce résultat. Y compris les auteurs de ces travaux qui ont joué un grand rôle pour alerter l'opinion publique et alimenter le combat pour le désarmement nucléaire puisque l'on relève parmi les signataires de l'étude Richard Turco. Ce dernier, aujourd'hui à l'Université de Californie à Los Angeles, avait participé à ces travaux et  écrit un livre grand public sur "l'hiver nucléaire", avec le célèbre astrophysicien Carl Sagan.

Cet article fait suite à une autre étude, parue en mars 2007 dans la revue Science, dont j'avais rendu compte dans Libération. Elle avait tenté d'estimer les dégâts - morts immédiats, destructions agricoles etc..., de divers scénarios de "mini-guerres nucléaires" entre Inde/Pakistan, Inde/Chine, Israël/Egypte, France/Iran, Chine/Japon, etc. Sur la base d'arsenaux nucléaires existants ou imaginables. Le résultat: quelques mini-guerres, mettant en jeu 0,3% de l'arsenal mondial, provoquerait la mort de plus de millions de personnes que tous les champs de batailles et bombardement de civils de la seconde guerre mondiale.

L'alerte lancée par ces scientifiques souligne à quel point il est nécessaire de conduire une politique permettant le désarmement nucléaire et la non-prolifération. A cet égard, les précautions à prendre portent sur le nucléaire militaire, mais aussi le nucléaire civil pour la génération d'électricité. Lire le point de vue du Haut Commissaire à l'énergie atomique, Bernard Bigot, dans Libération (page une,  page deux).

Elle souligne aussi  à quel point les discours de certains responsables politiques, voire de chefs d'Etat sont... irresponsables. Jacques Chirac laissant échapper dans une interview (puis intervenant pour faire enlever la phrase) "ce ne serait pas si grave si l'Iran se dotait de quelques bombes nucléaires" (lire le récit de cet épisode dans le dernier Courrier International par la correspondante du New York Times). Ou Nicolas Sarkozy évoquant l'idée d'une frappe nucléaire "préventive" dans l'atmosphère, au dessus d'un pays menaçant la France. Sans parler de la mise au point de "mini-bombes" nucléaires par les militaires et le gouvernement américains afin d'abaisser le "seuil nucléaire" dans un guerre conventionnelle. Si la diminution des tensions entre les deux pays capitalistes que sont la Russie et les Etats-Unis a fait croire que le combat pour le désarmement nucléaire était moins urgent, les scientifiques viennent souligner à quel point il est nécessaire.

Le cycle solaire pourrait conduire les inondations sur Venise

Le cycle solaire pourrait conduire les inondations de Venise

31 Juillet 2010

Si vous voulez voir Venise tout en gardant les pieds au sec , n’y allez pas quand le soleil a beaucoup de taches . Les pics dans l'activité solaire causent le plus souvent des inondations dans la ville , semble-t-il en modifiant les trajets des tempêtes sur l'Europe .

Plusieurs fois par an , mais le plus souvent entre Octobre et Décembre , Venise est frappée par une marée exceptionnelle appelée acqua alta. David Barriopedro de l'Université de Lisbonne, au Portugal , et ses collègues ont été intrigués par des études montrant un cycle de 11 ans dan les marées, tout comme le soleil , les pics indiquant quand les taches solaires sont les plus abondantes .

Ils regardèrent les observations horaires du niveau de la mer entre 1948 et 2008 , et confirmèrent que le nombre de marées extrêmes suit les pics du cycle solaire (Journal des atmosphères Geophysical Research, DOI: 10.1029/2009JD013114) .

Les records de la pression atmosphérique sur l'Europe pendant la même période ont révélé que pendant "l’acqua alta » les systèmes de basse pression sur la mer Adriatique au nord ont été nombreux , tandis que dans les années tranquilles ces systèmes étaient plus au sud .

Cela a un sens, car les inondations à Venise sont connues pour être déclenchées par des systèmes de basse pression de l'Atlantique . Ces systèmes augmentent le niveau des mers , tandis que les vents d’orage soufflent du sud au nord , accumulent l’eau de mer autour de Venise . Pendant les années solaires calme , les orages sont décalés vers le sud, mais on ne sait pas exactement comment l'activité solaire a ces effets sur le climat

source : http://www.newscientist.com/article/mg20727714.300-solar-cycle-may-drive-venices-floods.html

 

 


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