Faire tomber la pluie artificiellement

 source : http://rki.kbs.co.kr/french/news/news_science_detail.htm?No=6953

Lorsque les cultures pâtissent de la sécheresse ou que les feux de forêt en montagne ne peuvent être éteints en raison des conditions météorologiques, le besoin de pluie se fait particulièrement ressentir. Ne serait-il pas merveilleux si, dans de telles circonstances, quelqu’un pouvait faire tomber la pluie ? C’est un rêve que les hommes ont nourri depuis la nuit des temps et cela fait environ 120 ans que les scientifiques s’efforcent de le réaliser. La Corée du Sud a dernièrement réussi ce pari, se joignant ainsi aux rangs des pays ayant réussi à déclencher de la pluie artificielle.

De la pluie artificielle tombe sur la Corée du Sud

Le 30 mars, à 11 heures précises, un petit avion décollait de l’aéroport de Cheongju, avec, à son bord, deux chercheurs de l’Institut sud-coréen de recherche météorologique. L’avion a volé pendant environ 1h 30 avant d’atteindre sa destination, à 10 km au sud-ouest du barrage Gwangdong de la ville de Taebaek, dans la province de Gangwon. Lorsque l’un des chercheurs, qui surveillait les données météorologiques, a crié : « Feu ! », des particules d’iodure d’argent ont jailli des deux ailes de l’avion. Vingt minutes après que l’avion a saupoudré la totalité des 600 grammes d’iodure d’argent dans l’air, au cours de quatre allers-retours de 3 km, parcourus sur un axe nord-ouest-sud-est, des gouttes de pluie ont commencé à tomber, comme par magie. C’était une pluie fine, équivalant à 0,5 millimètre. Un exploit historique pour la Corée du Sud qui réussissait ainsi, pour la première fois, à déclencher une pluie artificielle. Comment cet exploit a-t-il été possible ?

Le principe de base pour la création de la pluie artificielle est ce qu’on appelle « l’ensemencement » des nuages. Autrement dit, si l’on saupoudre les nuages d’un catalyseur tel que l’iodure d’argent, la neige carbonique ou l’azote liquéfié, les gouttelettes d’eau déjà présentes dans les nuages s’attachent à ces « graines de pluie » et se transforment en grosses gouttes de pluie. Or un élément est absolument indispensable pour obtenir une pluie artificielle : il faut des nuages qui contiennent déjà des gouttelettes d’eau ! Avec la technologie dont ils disposent à ce jour, les hommes ne sont pas encore en mesure de créer de la pluie artificielle quand il n’y a pas assez de nuages ou quand ils sont en présence de nuages chauds. Où en est la Corée du Sud avec sa technologie de production de pluie artificielle ?

Les efforts déployés par les hommes pour créer de la pluie artificielle remontent aux années 1890. A cette époque, des scientifiques américains ont eu recours à des canons et des explosifs pour mener à bien leurs expériences. C’est beaucoup plus tard que les efforts humains se sont avérés fructueux, avec la tentative réussie de Vincent J. Schaefer en 1946. Ce dernier avait observé qu’en mettant de la neige carbonique dans un réfrigérateur embué, on obtenait des petites particules de glace. Il s’est alors rendu au sommet d’une montagne du Berkshire au Massachusetts, a saupoudré les nuages de neige carbonique et le « miracle » s’est réalisé. Les nuages se sont très vite transformés en flocons de neige, qui sont tombés au sol. Depuis cet exploit historique, 43 pays ont réussi à produire de la pluie artificielle. Parmi eux, figure la Chine. Avec la mise à contribution de 35 000 hommes et de 34 avions, la Chine a réussi à faire tomber de la pluie avant les cérémonies d’ouverture et de clôture des Jeux olympiques de Pékin en 2008, s’assurant ainsi que le ciel soit dégagé pour ces grands événements. Comparée à la Chine, la Corée du Sud n’en est qu’à ses débuts. Elle a commencé ses premières recherches en 1995 et vient seulement de produire pour la première fois de la pluie artificielle. Elle a donc commencé tard par rapport aux autres pays. Toutefois, la Corée du Sud dispose d’un énorme potentiel, qui lui permettra peut-être de devenir un leader dans le domaine.

Le travail de tous

Il existe plusieurs façons d’ensemencer les nuages pour faire de la pluie artificielle : on peut saupoudrer les nuages d’un catalyseur à partir d’un avion, en utilisant les courants ascendants présents dans les montagnes, ou encore en chargeant le catalyseur sur une fusée lancée en direction des nuages. Or, aucune de ces méthodes n’est parfaite. La plus grande contrainte est qu’il faut un minimum de nuages et que la pluie ne peut tomber que dans une zone limitée. La Corée du Sud a dernièrement réussi à surmonter la difficulté liée aux limitations géographiques en réussissant à faire tomber de la pluie sur une plaine. Forte d’une flotte d’avions et d’infrastructures adaptées, la Corée du Sud a déjà réalisé des progrès considérables. A noter qu’on estime un millimètre de précipitation artificielle à 500 000 dollars, soit 360 000 euros. Il faudra donc suivre les progrès de la Corée du Sud de très près dans ce domaine.

plus d'infos :

http://www.souillat.com/files/Ceux_qui_chassent_les_nuages.pdf

http://fr.wikipedia.org/wiki/Ensemencement_des_nuages

http://www.afrik.com/article8167.html

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