Russie : Une "patrouille spatiale" pour protéger les gazoducs du Soleil

Une corrosion extérieure sous contrainte anormalement élevée, appelée "stress corrosion", est à l'origine de 40% des incidents sur les gazoducs russes. La vitesse de la corrosion des tubes est d'ordinaire de 0,25 mm par an, mais l'on enregistre parfois des chiffres pouvant aller jusqu'à 1,16 mm. Cette corrosion a pour conséquence que 5 à 10 ans après avoir été mises en service, les conduites commencent à être victimes d'incidents, alors même que leur durée d'exploitation normale est prévue pour 25 à 30 ans. La Russie, relève le ministère russe des Situations d'urgence, connaît en moyenne deux fois plus d'incidents liés à la corrosion que les pays d'Europe occidentale.

Des spécialistes de l'Institut d'optique d'Etat Vavilov ont présenté des données attestant que les grosses conduites et les gros réseaux électriques sont victimes du "temps spatial", autrement dit des puissantes tempêtes géomagnétiques et éruptions solaires. On sait que ces phénomènes peuvent provoquer des courants géomagnétiques induits dans les conduites qui sont installées à des latitudes moyennes ou élevées (supérieures à 50° de latitude Nord), autrement dit sur une grande partie du territoire de la Russie, du Canada et de l'Alaska.

Les chercheurs ont attiré l'attention sur le fait qu'en période d'activité solaire, il est fréquent que les stations de protection cathodique, par lesquelles sont alimentés les gros gazoducs, se débranchent ou soient mises hors d'usage. Se retrouvant, de fait, sans protection électrochimique, les tubes sont alors soumis à une corrosion accélérée. Conformément à la réglementation technique, le débranchement de la protection cathodique des gros gazoducs n'est pas autorisé plus de dix jours par an. Or, notre planète essuie annuellement entre une cinquantaine et une centaine de puissantes tempêtes géomagnétiques - jusqu'à une fois, voire deux fois par semaine !

Afin de prévenir la brusque augmentation de la vitesse de la corrosion des gros tubes, les spécialistes de l'Institut Vavilov ont proposé de créer un service de surveillance spatiale. Dans l'esprit de ses concepteurs, ce service spatial doit annoncer les possibles incidences des flux géomagnétiques induits sur les conduites et déterminer les "fenêtres de tranquillité", durant lesquelles il sera possible de débrancher les stations de protection cathodique (pour les tester et les réparer). Il sera possible de réaliser ces prévisions en se fondant sur les mesures de l'activité héliophysique à l'aide de l'appareillage optoélectronique "patrouille spatiale solaire", élaboré par l'Institut Vavilov, qui inclut des radiomètres et spectromètres de rayonnements ionisants.

Le système de patrouille solaire que la Russie souhaite développer pour observer l'activité du Soleil doit être composé non pas de satellites distincts fonctionnant individuellement, mais d'un groupement de satellites fonctionnant en permanence, estime Anatoli Chpilov, directeur adjoint de Roscosmos (Agence spatiale russe).

Le projet de "patrouille solaire" implique la mise en orbite de trois petits satellites situés les uns par rapport aux autres à un intervalle de 120°. "Peu importe que ces satellites soient petits, qu'ils n'embarquent qu'un seul appareil et soient mis en orbite en tant que charges associées, l'important est qu'ils fonctionnent sans à-coups", a souligné Anatoli Chpilov.

source : http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/64199.htm

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