Cyclone Nargis un des plus meurtriers : 130 000 décés et des rescapés encore blessés

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# 02/11/2008 à 18:16 avec yahoo news (site web)
Six mois après Nargis, les rescapés birmans souffrent toujours

Six mois après le passage dévastateur du cyclone Nargis, qui a fait plus de 130.000 morts en Birmanie, de nombreux survivants dépendent toujours de l'aide humanitaire pour rester en vie.

Nous recevons du riz et des haricots d'une oeuvre de charité appelée Care Myanmar, on boit l'eau de pluie et on mange des poissons de cette rivière", raconte Maung Oo, un homme de 51 ans, dont la hutte de bambou est menacée par les inondations en cette période de mousson.

Dans le village de Pay Kunhnasay, situé à 40 km au sud de Rangoun, chaque nouvelle tempête soulève un vent de panique parmi la population encore très marquée par le cyclone du 2 mai, qui a déversé plus de quatre mètres d'eau.

"Nous avons peur de mourir à chaque coup de vent donc nous gardons une radio à portée de main en permanence afin de connaître l'importance du danger en écoutant la météo", raconte Ma Nu, la femme de Maung Oo.

Ici, les importantes pluies de ces dernières semaines ont retardé la plantation du riz. L'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) affirme pourtant que 97% du delta de l'Irrawaddy - connu pour être le "bol de riz de l'Asie" - est de nouveau cultivé.

"Nous ne pouvons plus attendre pour cultiver notre propre riz. Nous détestons vivre de la charité, même si nous sommes reconnaissants", regrette Maung Oo. "La situation ne nous permet pas encore d'être indépendants."

DES MAISONS POUR LES "VIP"

Depuis le passage du cyclone, les services de secours ont distribué de l'aide alimentaire à un million de personnes et offert un abri de fortune à 1,7 million de rescapés, rapporte la principale agence de coordination de l'aide.

Mais le "Tripartite Core Group", qui regroupe les Nations unies, les autorités birmanes et celles des pays voisins, dit avoir encore besoin d'aide. Seuls 53% des 484 millions de dollars nécessaires ont été versés par les donateurs.

"De nombreux survivants restent vulnérables, particulièrement en ce qui concerne l'accès à l'eau potable", prévient le groupe dans un communiqué.

Dans la région, quelques maisons flambant neuves financées par des donateurs liés à la junte birmane ont poussé çà et là mais, souvent, elles ont été offertes à ceux qui ont su faire jouer leurs relations.

"Tous les gens dans le besoin n'ont pas reçu de maisons et tous ceux qui ont eu des maisons ne sont pas dans le besoin", résume un habitant de Latkhitegon, un village au sud de Rangoun où dix nouvelles maisons de bois ont été bâties.

Cinq ont été offertes à des familles durement touchées par le cyclone mais cinq autres sont revenues à des "VIP", ajoute cet homme, qui témoigne sous le sceau de l'anonymat de peur des représailles.

A Thayet Thonebin, un autre village où 340 habitants ont été tués, le ministère de l'Energie et la compagnie pétrolière malaisienne Petronas ont financé la construction de 32 nouveaux logements.

Mais ici, comme ailleurs, la population a honte de dépendre de l'aide et se désespère de pouvoir reprendre une activité professionnelle.

"Les gens comme moi ont été les plus durement touchés", déplore Maung Tun, un agriculteur qui ne peut plus cultiver de riz. "Le cyclone a paralysé l'économie dans toute la région et il y a très peu de travail pour nous."

Avec Ed Cropley, version française Clément Dossin





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