Astronome ingénieur

La Nature - Revue des Sciences et de leurs applications aux Arts et à l'Industrie. Hebdomadaire illustré. Rédacteur en chef, Gaston Tissandier. 17ème année, 1889, deuxième trimestre. Paris, G. Masson éditeur, librairie de l'académie de médecine, 120 boulevard Saint-Germain.

 P. 267. Phénomènes électriques produits par les radiations solaires - 

A la suite de nombreuses observations faites depuis le mois de mai 1885 jusqu'au mois de juillet 1889 j'ai pu établir que les radiations solaires sont la cause de certains phénomènes électriques dont l'étude est résumée dans les lois suivantes :

1) Les radiations solaires en rencontrant un conducteur isolé (métal ou charbon) communiquent à ce conducteur une charge électrique positive

2) La grandeur de cette charge croît avec l'intensité des radiations solaires et décroît avec l'état hygrométrique de l'air. Le phénomène atteint, à Paris, sa valeur maximale en été, vers 1 heure de l'après-midi lorsque l'atmosphère est pure et sèche.

3) Le passage des nuages devant le soleil fait cesser le phénomène.

Le dispositif expérimental adopté est le suivant : Un grand cylindre en métal C (voy. fig.), disposé au soleil, était mis en cmmunication avec le sol et formait cage de Faraday. Une ouverture ménagée dans le couvercle permettait aux rayons solaires de pénétrer à l'intérieur de ce cylindre, et de venir frapper une plaque métallique S disposée en son milieu. Cette plaque était en cuivre et avait été soigneusement isolée sur un support de M. Mascart. Un fil conducteur, recouvert de soie isolée à la paraffine, était fixé à la plaque S et descendait dans une chambre inférieure où étaient disposés les appareils d'observation.

Ces appareils d'observation étaient : un électromètre de M. Mascart E, une pile de charge P de 100 éléments, un élément Daniell étalon D, une échelle graduée G, et un support isolant à l'acide sulfurique M.

La caisse métallique C, l'enveloppe de l'électromtre E, le milieu de la pile charge P et le pôle négatif du daniell D étaient réunis à un même point du sol dont le potentiel était pris comme zéro.

L'aiguille de l'électromètre était reliée à la plaque métallique isolée.

J'ai employé successivement l'électromètre de M. Lippman qui a dû être abandonné à cause de sa capacité trop considérable pour ce genre d'expérience, puis les électrométres de Hankel de MM. Curie et de M. Mascart. Voici maintenant en quoi consistait l'expérience :

Le support isolant M, auquel étaient fixés les fils conducteurs, communiquant successivement avec la plaque S et avec l'aiguille de l'électromètre E, était mis au sol, de telle sorte que le potentiel de la plaque S et de l'aiguille devint égal à celui du sol que l'on prenait comme zéro.

Le support était alors isolé du sol et l'on observait aussitôt sur l'échelle G une déviation de l'aiguille de l'électromètre indiquant une charge positive de la plaque S, variable avec l'intensité des radiations solaires et l'état hygrométrique de l'atmosphère.

On comparait cette déviation à celle produite par le daniell D, dont le pôle positif était réuni à l'aiguille de l'électromètre, et le pôle négatif au sol.

J'avais du reste soigneusement étudié dans les expériences préalables l'influence des phénomènes complexes qui pouvaient fausser les observations en produisant une charge électrique indépendante de la charge due aux radiations solaires.

C'est ainsi que j'ai pu constater qu'en supprimant la cage de Faraday, la plaque métallique se trouvant exposée à l'air libre et à l'ombre, se chargeait sous l'influence seule du vent. Dans les observations cette cause perturbatrice avait été soigneusement écartée par l'emploi de la caisse métallique C dont la présence empêchait l'arrivée du vent sur la plaque S.

Les autres phénomènes secondaires, tels que l'échauffement de la plaque, les actions thermo-électriques, etc. ont été reconnus négligeables devant le phénomène étudié.

 

Google

Sous-pages :

 


Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site